Reste

Création 2027

Deux ans après le suicide de sa fille adolescente, une mère très éprouvée fait appel à Osiris, une start-up qui propose de recréer des personnes décédées, à l’aide de l’intelligence artificielle. Cette jeune société l’accompagne pas à pas dans le processus de reconstitution de sa fille en réalité virtuelle. La mère espère obtenir des réponses aux questions qui l’empêchent d’avancer. En y consacrant le montant d’un petit héritage, elle n’imagine pas à quel point cette initiative va la plonger dans un engrenage d’addiction et bouleverser la vie de sa famille. Elle ne se doute pas non plus qu’en nourrissant l’algorithme avec des traces intimes laissées par sa fille, sa version reconstituée va se retourner contre elle.


Rest/e, d’ Azilys Tanneau , nous montre un futur dystopique où la science la plus avancée échoue à remettre les choses à leur place. Comme dans tout soi-disant « classique » processus de deuil, la mère passe du déni à la colère, puis au marchandage mais elle ne parviendra jamais à la phase d’acceptation. Le quatrième acte sera d’ailleurs celui du deuil du deuil. Avec cette pièce, l’autrice parle de la perte inenvisageable de l’enfant choyé et du cataclysme que cela engendre dans une famille. Mais elle dresse aussi une critique grinçante de notre société, où le capitalisme le plus crasse, associé aux technologies les plus novatrices, fait de notre chagrin et de nos chers disparus de vulgaires supports de marchandisations. Si Azilys Tanneau
questionne notre parentalité et notre inaltérable soif de spiritualité, elle le fait avec un humour noir. Elle tisse une dramaturgie délicate et décalée, où des scènes de famille tragiquement ordinaires alternent avec des rencontres folles entre une mère et sa fille reconstituée, par une start-up qui oscille entre cabinet de psy et agence commerciale délirante. Et si l’on pense aux
série britanniques Black Mirror et Years and Years, c’est bel bien ici de théâtre qu’il s’agit.

Durée : 1h15


Distribution

Texte Azilys Tanneau, publié chez Lansman Editeur Prix Godot 2025
Mise en scène Rachel Ceysson
Jeu Johanna Bonnet, Karim Fatihi, Mael Chekaoui, (en cours)
Collaboration artistique Thomas Fourneau
Lumières Nanouk Marty
Production Cie La Paloma
Coproduction Pierre de Lune Centre Scénique jeune public / Bruxelles,
Recherche en cours
Soutiens Théâtre Joliette / Marseille ; Théâtre de la Distillerie / Aubagne, dans le cadre de
Place aux compagnies ; Fabrique Mimont / Cannes.