CroiZades (jusqu’au trognon)

Création 2022

CroiZades (Jusqu’au trognon) est le premier volet du diptyque CroiZades.

11 personnes constituent cette équipe : 6 danseur.se.s, et comédien.ne.s, deux musiciens, un créateur lumière et vidéaste, une metteure en scène, une collaboratrice artistique… Des âges, des corps, des cultures et des réalités sociales très différentes. Le postulat de départ est que ces 12 personnes soient présentes sur l’ensemble des résidences, et en recherche depuis l’espace du plateau. Il ne s’agit pas de créer un objet auquel nous ajouterons une esthétique plastique, lumineuse, sonore, scénographiques mais plutôt de partir du principe que l’objet commun, cette croyance que nous cherchons à tâtons, va nécessairement surgir d’une réalité physique. Nous ensemble, en confrontation de corps, de langues et langages, sur la scène.
Nous mettons à l’épreuve ce que nous sommes, nos croyances personnelles, mais aussi nos doutes, nos limites, nos changements…
C’est la notion de groupe qui nous intéresse ici.
Sur un plan artistique, mais aussi politique et social.
Si nous abordons un sujet tel que les croyances, il nous faut favoriser le possible croisement de points de vue. Les 11 personnes que nous sommes vont assurément entrer en débats, tant esthétiques, que physiques, culturels ou sociaux. C’est à cette condition que nous allons pouvoir essayer de représenter l’ensemble des questionnements du public. Car c’est bien ce qui se joue. Que notre regroupement ne coule pas de source, qu’il soit aussi objet de discussions. Qu’il fasse circuler de la pensée.


Durée : 1h30 / Ce premier volet est destiné aux adultes

Distribution


Texte et mise en scène : Sandrine Roche
Collaboration artistique : Lucia Trotta
Avec
Josef Amerveil, créateur sonore
Marion Bajot, comédienne
Leïla Brahimi, comédienne
Pedro Cabanas, comédien
Erick Priano et Loïc Even, création lumières et vidéo
Silvia Cimino, danseuse
Grégoire Leymarie, créateur sonore
Sophie Mangin, comédienne et plasticienne
Alexandre Théry, comédien et danseur
Chorégraphies : Silvia Cimino
Costumes : Sophie Mangin
Scénographie : Sandrine Roche et Erick Priano
Construction : Erick Priano
Régie Générale : Erick Priano et Loïc Even
Production et diffusion : Charlotte Laquille
Communication : Isabelle Planche

Production : Association Perspective Nevski

Coproduction
Théâtre des Halles / Avignon
La GARANCE, scène nationale de Cavaillon
Réseau Traverses – Association de structures de diffusion et de soutien à la création du spectacle vivant en région Provence-Alpes-Côte d’Azur
La Chartreuse – Centre national des écritures du spectacle / Villeneuve-lès-Avignon
Le Pôle Art de la Scène – Friche Belle de Mai / Marseille

Soutiens
Le Théâtre Antoine Vitez / Aix -en-Provence pour un accueil en résidence
La Factory, Théâtre de L’Oulle / Avignon pour un accueil en résidence
LaScierie / Avignon
La Ville d’Avignon
La DRAC Provence-Alpes-Côte-d’Azur / aide Plan de relance pour la culture
La Spedidam


Extrait du texte

« AUX AIMABLES LECTEURES
Notre estoire débute, et jà l’enfer nous guette.
Voilà la malédiction de tout desbut : l’enfer de sa suite annoncé.
Qu’aucune existence ne semble pouvoir poindre en ce monde sans la fatalité de sa pov’ destinée.
La vie est bien mal fichue, chuchote en tremblant la masse des bouches cousues aux abords du grand siphon de l’estoire. Qu’on entre ou qu’on sorte, un gouffre nous aspire, et voici notre fin toute contenue en son fragile desbut.
Ici ne nous préoccuperons-nous pas de contredire ce beau chemin des choses, mais d’y sauter en pieds joints pour s’en éclabousser, et proposer le temps d’un récitatoire un peu fantasque, une entrée-sortie du gouffre en fleur vivace, belle herbe folle nous chatouillant les auriculaires, pour pondre jusque dans nos oreilles, et s’immiscer, fleurissante toujours, en nos cœurs et intestins, contant belle comptine que nulle autre que notre propre bouche nous saura énoncer.
Jà, j’en aperçois qui s’agitent, et pointent leur index-soudé-à-lèvres-jointes-en-moue-réprobatrice.
Virulents de l’esprit, de se lever, et de nous rétorquer : « qu’on y comprend déjà foutre rien à ce que vous dites là ! Où donc que voulesses-vous en venir ? ». A ceuxsses-là dirons-nous attendez !
Attendez un peu d’avancer dans notre invention, et d’y descouvir au détour notre simple response: « qui c’est donc qu’escrit l’estoire ? cesluilà qui la compte, ou cesluilà qui l’escoute ? ». Et si à n’y rien comprendre tout de même, illes restent accrochés, comme à la belle branche coupée d’un pommier, respèterons leur encore cette phrase : « qui c’est donc qu’escrit l’estoire ? Cesluilà qui la compte, ou cesluilà qui l’escoute ? ».
Aux non-curieuxses osâmes le dire : la sortie est par là.
Aux sceptiques qui ont déjà-tout-connu : elle l’est aussi.
Quant aux amoureuxses transis du grand-savoir-copié-collé qui nous cassent les auricouyes depuis leur barque déjà-coulée-déjà, illes puissent rester parmi nious sans gênes de nous contrevenir : les copiés-collés dans le siphon de l’estoire avec tout le toutim aussi sont tombés.
Resteront seulles les-nous-autres, naïfves, rieurses, poèts ; bonne fois de yeux ouverts, sans rien d’autre espérance que nourrir l’entraille. Sans rien d’autre à dire que l’ad-venir, pas encore ad-venu, et où que nous nous engouffrons.
À ces nous-autres-là disâmes welcome. Car, de naiveté rieuse avons grande nécessité de nous emplir.
Notre desbut sera donc notre fin, et qu’au milieu, on remplirait comme on voudrait. »



Presse

« Jouant avec une magnifique langue rabelaisienne, les comédiens, au gré de leurs déambulations chorégraphiques, retravaillent le corps dans un mouvement erratique et frénétique. Saluons la performance de ces comédiens qui assurent un spectacle complet où les mots et les mouvements déstructurés s’entrechoquent dans un tourbillon jubilatoire. » – Laurent Schteiner, theatres.com

« Le théâtre de Sandrine Roche, ce serait le réel moins ses limites… Théâtre joyeusement anarchique et hautement anarchiste. Théâtre expérimental, au sens où l’expérience doit être le principe et pas seulement un premier moment que l’on enfermerait dans un étau théorique. D’ailleurs, le grand récit que l’on recherche sur scène restera scène de recherche. Théâtre brut aussi, comme l’Art Brut en peinture ou sculpture. Enfin, théâtre de la « cruauté » au sens de son génial inventeur : « J’emploie le mot de cruauté dans le sens d’appétit de vie » En effet, pour Antonin Artaud et son double Sandrine Roche, « Il y a une idée du spectacle intégral à faire renaître » (Le théâtre de la cruauté, 1932) En Avignon, cet été, repartons en croiZade ! » – Jean-Pierre Haddad,